Second Life va-t-il virtuellement bouffer Facebook ?
Vous allez me dire que j’ai une dent contre Facebook. Mais aucunement. Simplement, je m’interroge et je suis sceptique sur Facebook tel qu’il se présente aujourd’hui. A moins que…
Je viens de tomber chez Mashable sur la nouvelle livraison Facebook du jour : une application renvoyant vers Second Life.
Voilà le principe : si vous possédez un avatar chez Second Life, vous pouvez désormais le faire apparaître sur votre profil Facebook - attention c’est du bêta encore un peu à l’état de chewing-gum prévient le site.
Mon premier réflexe est justement de me dire qu’ils ne sont pas bêtas chez Facebook, qu’ils sentent bien que rien ne peut se faire sans SL ou disons sans un site immersif dit « virtuel » - enfin disons de moins en moins virtuel et de plus en plus ancré dans le réel.
Je me dis qu’ils assurent leurs arrières.
A moins que leurs arrières ne les débordent ?
Un truc m’intrigue chez Facebook : leur activisme, cette permanente nécessité de faire ajouter de nouvelles applications, comme pour combler - allons-y gaiement - un vide originel.
On objectera que tout est là justement, dans cette culture « mashup », forcément hyperactive, et bien décrite par Emmanuel Obadia.
Personnellement, je reste sceptique et je souscris plutôt (via Stéphane Bayle) à ces mots d’Alain Gioanni, directeur projet internet et nouvelles technologies chez BNP Paribas (je préviens, le lien vers son blog passe mal)
« On se fait des relations en faisant des rencontres, pas en cartographiant son réseau. La cartographie des relations entre tous les individus du monde est un gadget fascinant mais sans grande valeur ajoutée. Facebook ne permet pas de franchir le pas d’aller vers l’autre. »
La valeur ajoutée, tout est là. On ne sort pas de cette histoire d’affect propre aux relations humaines ; cet affect qui a fait (et fait toujours) le succès des blogs et fera sans doute celui des sites immersifs type SL le jour où ils seront plus simples d’utilisation…
Pour conclure, je m’en retourne à une petite phrase chez Facebook qui a attiré mon attention à propos de cette nouvelle application en direction de SL :
« Our application will show your friend’s Second Life online/offline. This will help you to synchronize virtual meeting times! »*
On ne s’y prendrait pas mieux pour vider son fonds de commerce. Dans les moments de doute, je me dis que les sociétés high tech auraient besoin de l’expertise d’un épicier (peut-être le monsieur ci-dessous) pour savoir si c’est comme cela que l’on fait du business. Bien sûr, j’exagère et j’imagine que Mark “Zorro” Zuckerberg a les moyens de se payer quelque méga conseil américain hyper avisé… Mais vu de loin, ça le fait moins.

Image extraite du film « Le fils de l’épicier »
d’Eric Guirado. D’après Allociné, c’est un « feel good movie » rural…
En langage Télé 7 jours, c’est une comédie familiale.
Inutile de gloser davantage : nous verrons bien si Facebook évolue ou pas comme un (vulgaire) super carnet d’adresses et si l’essentiel du net se passe ailleurs, dans un « concret immersif »…
* Notre application vous montrera quand vos amis de Second Life seront en ligne ou pas. Cela vous permettra de synchoniser des rendez-vous virtuels (sur SL)




Je ne comprends pas bien le début de ta réflexion.
A mon sens, et je doute que quiconque puisse le mettre en doute, Facebook est le mashup ultime. Second Life n’est qu’une voie de garage il me semble.
Pour ce qui me concerne, j’ai toujours trouvé Second Life expérimental et intéressant en tant que tel.
Facebook a dépassé ce stade, tu ne crois pas ?
En fait, je partage ce que tu dis concernant la situation actuelle : Second Life est expérimental et Facebook envahit le quotidien (de certains).
Mais je me suis mal exprimé : mon scepticisme à l’encontre de Facebook concerne l’avenir (proche ou lointain j’ignore) et repose sur le sentiment que les “vrais” gens (pas les early adopters ni les réseauteurs professionnels) réclament autre chose dans les relations humaines sur le net, et qu’un site virtuel performant pourrait le leur offrir. Pas le SL d’aujourd’hui mais un site de demain ou d’après-demain. Cela ne ferait pas disparaître Facebook mais cela ne lui donnerait pas la place centrale qu’il vient (tout juste) de conquérir.
Mais le mieux, c’est que je te renvoie à un billet précédent sur ce sujet. Etant entendu que mon propos ne reposent que sur des impressions, que je ne suis pas sûr de mon fait, et que Facebook est effectivement très intéressant, notamment dans la rapidité avec laquelle il permet de constituer très rapidement des groupes de circonstances.
http://laurentjavault.typepad.com/metissing/2007/10/slfacebbok-qui-.html
Disons que Facebook permet avant tout autre chose d’établir des liens sociaux, besoin élémentaire chez l’être humain.
De par ce fait, il s’adresse et s’avère utile potentiellement à tout le monde.
Je vais prochainement faire un long topic sur les mondes virtuels, mais en abrégé, j’ai tendance à penser que ces derniers sont tout aussi éloignés de la réalité que les jeux vidéos.
Le jeu vidéo relève du rêve. L’ambition de pouvoir sortir de la réalité pour rejoindre un monde onirique, virtuel et controlable n’est pas quelque chose qu’on retrouve chez tout le monde.
Je suis moins même un amateur de jeux vidéos, j’en comprends l’intérêt mais ce n’est pas le cas de tous mes proches.
En revanche, ils comprennent tous très vite l’intérêt d’un Facebook : networking, partage photo/video, messagerie, organisation d’événement, centres d’intérêt, cause ou lobbying…
Bien sur, si on se place sur le moyen/long terme, c’est différent.
Je suis persuadé que les jeunes nés après 1995 (et la vraie démocratisation de l’ordinateur dans le foyer), vont être, une fois adultes, des acharnés du virtuel.
Là dessus, je te rejoins mais on a 10 ans devant nous avant que ce scénario se réalise.
J’oubliais, merci pour le lien vers mon blog et bravo pour le bon travail que tu réalises ici !
Et merci à toi pour tes commentaires Branislav.
Ce que je trouve vraiment intéressant c’est que nous nous penchions tous sur ces sujets avec nos visions différentes, venant d’horizons différents, les uns des RP, les autres du net pur et dur, d’autres encore du journalisme, etc.